Projet d’aménagement de la zone DGA : quand l’opposition imagine faire passer une route… sur les bords de l’Yvette

Lors du Conseil municipal du 11 février 2021, les élus du groupe minoritaire « Partageons Demain » ont formulé une surprenante – et inquiétante – proposition sur le futur aménagement des terrains détenus aujourd’hui par la DGA (Direction générale de l’armement) : « jouer avec la promenade de l’Yvette » pour y faire passer une route…

Depuis plusieurs années, le ministère des Armées souhaite céder le terrain qu’elle possède à Villebon-sur-Yvette et qui était occupé autrefois par la DGA.

Dès le début, la Ville a manifesté son intérêt pour acquérir ce terrain, afin de le revendre dans la foulée à un aménageur pour y faire réaliser une extension du centre-ville.

Cette extension du centre-ville comprendra un programme de logements fixé dans le respect des prescriptions du Programme Local de l’Habitat (dont 30 % de logements locatifs sociaux), une gendarmerie sur une emprise d’environ 6.300 m2 ainsi qu’une extension des espaces dédiés à la nature, en bordure de l’Yvette.

Cette extension du centre-ville sera traversée par une nouvelle route, dont la construction pourra nécessiter le rachat  de deux pavillons existants, au sujet desquels la négociation est en cours.

A l’heure actuelle, les discussions avec l’Etat sur la cession du terrain de la DGA se poursuivent.

En réalité, elles ont lieu principalement entre les différents ministères concernés par cette cession (Armées, Budget, Intérieur).

Ceci est d’ailleurs une triste illustration du fait qu’en France, l’Etat est divisé entre des administrations qui, au mieux, ne se parlent pas et, au pire, se contredisent…

De son côté, la Ville avance.

Ainsi, lors du Conseil municipal du 11 février 2021, elle a conclu une convention avec l’EPFIF (Établissement Public Foncier d’Île-de-France), organisme public de l’État qui soutient les collectivités locales dans leurs politiques foncières, afin qu’il l’assiste dans les négociations avec les propriétaires impactés et le portage financier des acquisitions de foncier.

A l’occasion du débat sur la signature de cette convention, l’élue tête de liste  du groupe minoritaire « Partageons Demain », a interrogé le Maire sur le tracé de la route qui traversera la future extension du centre-ville, ainsi que l’atteste le procès-verbal du Conseil :

«  … demande s’il s’agit d’une route traversante proposée, si les études ont été faites. Si tel est le cas elle demande si les élus peuvent y avoir accès. S’il a été prouvé que cette rue traversante reste la meilleure solution, elle demande si toutes les possibilités de tracés ont été étudiées. Par exemple s’il a été étudié s’il était possible de jouer avec la Promenade de l’Yvette pour éviter la destruction de maisons, car derrière il y a des drames humains dont il faut tenir compte. (…) »

Étonné que les élus de l’opposition puissent songer à « jouer avec la promenade de l’Yvette » pour y faire passer une route, le Maire a demandé à l’élue ce qu’elle entendait par cette expression.

Voici la réponse qui lui a été faite :

« … répond ne pas avoir de projet ni de donnée technique, mais demande si la question a été posée de savoir si en mangeant un peu sur le bord de la Promenade de l’Yvette s’il y avait des possibilités ou en reculant légèrement la sortie de la Promenade de l’Yvette. (…) » 

Le Maire a alors demandé une dernière fois si la proposition de l’opposition serait de repousser la promenade de l’Yvette pour faire passer cette route.

Il lui  a alors été répondu :

« il s’agit d’une question que son Groupe s’est posée. »

Les Villebonnais apprécieront de savoir que l’opposition serait donc prête à faire construire une route « en mangeant un peu » sur la promenade de l’Yvette, pourtant classée zone « N » au PLU et donc inconstructible, ou encore manipuler le cours de la rivière, tout cela pour éviter la destruction de pavillons dont les propriétaires eux-mêmes sont pourtant prêts à se séparer…

De son côté, la majorité se gardera bien d’aller dans cette direction et veillera, au contraire, à ce que l’aménagement de la zone de la DGA s’accompagne d’une extension des terrains dédiés à la nature.

A noter : les citations ci-dessus sont extraites du procès-verbal du Conseil municipal du 11 février 2021, que les six élus du groupe « Partageons Demain » ont approuvé lors du Conseil municipal suivant, le 8 avril 2021.